CMV ET GROSSESSE : CE QU’IL FAUT SAVOIR

7 Oct 2026 | GROSSESSE

Le cytomégalovirus, ou CMV, est un virus très fréquent qui passe souvent inaperçu chez la personne infectée.

Pendant la grossesse, une première infection maternelle peut cependant, dans certaines situations, être transmise au fœtus. C’est pourquoi le dépistage et la prévention du CMV occupent une place importante dans le suivi de la grossesse.

LE CMV, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le cytomégalovirus appartient à la famille des virus de l’herpès.

Chez l’adulte, l’infection provoque le plus souvent peu ou pas de symptômes. Elle peut parfois entraîner une fatigue importante, de la fièvre, des courbatures ou des ganglions, mais elle peut également passer complètement inaperçue.

Le CMV se transmet principalement par contact avec certaines sécrétions corporelles, notamment la salive et les urines, en particulier lors des contacts avec de jeunes enfants.

POURQUOI EST-IL IMPORTANT PENDANT LA GROSSESSE ?

Lorsqu’une femme enceinte contracte une première infection par le CMV, le virus peut traverser le placenta et être transmis au fœtus.

Cependant, une infection maternelle ne signifie pas obligatoirement que le fœtus sera infecté.

Et lorsqu’une transmission au fœtus est confirmée, cela ne signifie pas non plus qu’il présentera nécessairement une atteinte ou des séquelles.

Le risque et les conséquences éventuelles dépendent notamment du moment de l’infection au cours de la grossesse.

COMMENT RÉDUIRE LE RISQUE DE CONTAMINATION ?

Certaines mesures d’hygiène simples permettent de réduire le risque de transmission, en particulier lorsque l’on est régulièrement en contact avec de jeunes enfants.

Il est notamment conseillé de :

  • se laver soigneusement les mains après avoir changé une couche, essuyé le nez d’un enfant ou été en contact avec ses sécrétions ;
  • éviter de partager les couverts, les verres ou les aliments avec un jeune enfant ;
  • ne pas porter à la bouche les objets ayant été en contact avec sa salive ;
  • éviter les bisous sur la bouche ;
  • nettoyer régulièrement les jouets et les surfaces susceptibles d’être souillés par la salive ou les urines.

Ces précautions sont particulièrement importantes pour les futures mamans ayant un jeune enfant à la maison ou travaillant au contact de jeunes enfants.

COMMENT SAVOIR SI UNE INFECTION EST RÉCENTE ?

Une prise de sang permet de rechercher les anticorps dirigés contre le CMV et, dans certaines situations, de déterminer si une infection est récente.

Depuis les recommandations de la Haute Autorité de Santé, lorsqu’une femme enceinte est séronégative ou que son statut sérologique est inconnu, une sérologie est réalisée le plus tôt possible au cours de la grossesse et avant 14 semaines d’aménorrhée.

En cas de sérologie négative au premier trimestre, elle est renouvelée régulièrement jusqu’à 14 SA afin de rechercher une éventuelle séroconversion. (Haute Autorité de Santé⁠Attachment.png)

EN CAS DE SÉROCONVERSION : UNE PRISE EN CHARGE RAPIDE

Lorsqu’une primo-infection récente à CMV est confirmée, notamment au cours du premier trimestre, une prise en charge spécifique est mise en place.

La HAS recommande une consultation dédiée et une orientation vers une équipe spécialisée, notamment un Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN).

Un traitement antiviral par valaciclovir peut alors être proposé rapidement. Il est destiné à réduire le risque de transmission du virus de la mère au fœtus et ainsi à diminuer le risque de séquelles. Son efficacité est d’autant plus importante lorsqu’il est débuté précocement au cours du premier trimestre. (Haute Autorité de Santé⁠Attachment.png)

Ce traitement est actuellement utilisé dans cette indication dans un cadre spécifique et nécessite une prise en charge médicale adaptée.

ET SI L’ON SUSPECTE UNE INFECTION DU FŒTUS ?

Une séroconversion maternelle ne signifie donc pas que le fœtus est infecté.

Lorsqu’une primo-infection maternelle est confirmée, une surveillance échographique spécialisée est mise en place. Une amniocentèse peut être proposée à partir de 18 semaines d’aménorrhée afin de rechercher la présence du CMV dans le liquide amniotique.

Si le virus est retrouvé dans le liquide amniotique, cela confirme une infection fœtale.

Cela ne signifie cependant pas que le fœtus présente nécessairement des anomalies ou qu’il aura des séquelles. Une surveillance échographique spécialisée permet alors de suivre attentivement son évolution et de rechercher d’éventuelles manifestations de l’infection.

UN SUIVI ADAPTÉ À CHAQUE SITUATION

Le CMV peut donc susciter beaucoup d’inquiétudes lorsqu’une infection est découverte pendant la grossesse.

Il est important de retenir qu’une infection maternelle ne signifie pas systématiquement une infection du fœtus, et qu’une infection fœtale ne signifie pas systématiquement une atteinte du bébé.

Lorsqu’une infection est diagnostiquée, la prise en charge est adaptée à chaque situation, avec une surveillance spécialisée permettant d’accompagner au mieux la future maman et son bébé.

Notre rôle est de vous informer, de répondre à vos questions et de vous orienter si nécessaire vers une équipe spécialisée, afin que vous puissiez être accompagnée de manière personnalisée tout au long de votre grossesse.